De la Vigne au Chai,
une même approche sensible

À Pontet-Canet, nos pratiques culturales sont la résultante d’un long cheminement.

Ni chapelle ni rituel initiatique.
Beaucoup d’expérimentations, de doutes et d’enthousiasmes aussi.
La connaissance subtile du vivant implique continûment observation et remise en question.

En 2004, dans le but d’améliorer la qualité des Merlots, les premiers 14 hectares de Pontet-Canet ont été convertis à la biodynamie. Après cet essai concluant, l’année suivante, il est décidé de convertir l’intégralité du vignoble. Un engagement sur le long terme qui affecte chaque décision prise à Pontet-Canet.

Quelques années plus tard, en 2010, les vins du château sont certifiés en agriculture biologique et biodynamique.

Des pratiques toujours plus respectueuses de l’équilibre naturel : les écimages ont été abandonnés au profit de l’entrelaçage manuel des rameaux ; pratique permettant à la vigne de s’autoréguler. Dès lors, l’effeuillage et les vendanges en vert ne sont plus nécessaires et chaque cep interprète à sa façon l’âme du terroir.

Le Château Pontet-Canet devient alors le premier Grand Cru Classé du Médoc à obtenir la double certification pour l’ensemble de son vignoble.

Afin d’éviter le tassement des sols par de lourds tracteurs enjambeurs et de préserver les vieux pieds de vigne des passages d’interceps, la propriété a décidé, dès 2008, de recourir aux chevaux de trait. Aujourd’hui une dizaine de percherons travaille la moitié du vignoble et applique les tisanes et les préparâts.

95 % de notre travail se déroule dans les vignesMathieu Bessonnet, Directeur Technique

Toujours dans une volonté de régulation naturelle des sols et de fidélité à l’essence d’un terroir, une tisanerie a été aménagée pour élaborer tous les préparâts biodynamiques, tisanes, décoctions, badigeons, bouillies à base de soufre et de cuivre.

Il s’agit de trouver des solutions locales dans les rangs ou aux abords des vignes. Les orties dans les fossés servent à produire un engrais utilisé lors du débourrement ; les prêles des champs, un badigeonnage des plaies de taille ou une décoction contre le mildiou.

Achilée millefeuilles, camomille, pissenlit, osier et romarin ; chacune des plantes utilisées possède des vertus extraordinaires pour soutenir la vigne au gré des cycles végétatifs et des conditions climatiques. La préparation in situ permet une plus grande efficacité thérapeutique et un gain de temps ; en biodynamie on se doit d’être très réactif. Autre façon d’encourager la biodiversité et l’économie circulaire.

Le retour au naturel et à la simplicité se poursuit dans les chais.

Les vinifications, toujours plus minimalistes, se déroulent dans les trois cuviers du château : le cuvier bois historique “Skawinski” datant du XIXème siècle ; le cuvier “Nicole” en béton inauguré en 2005 et le dernier cuvier “Amphore” sorti de terre en 2017, unique en son genre, conçu sans électricité.

Dessinées au nombre d’or sur le modèle romain du IIème siècle après Jésus-Christ, les cuves sont reliées à la terre pour diminuer l’influence électromagnétique. Le béton a été élaboré avec la fine silice de nos graves.

Limiter autant que possible les interventions afin de préserver l’intégrité du fruit.

Depuis 2017, les grappes sont triées et égrappées une à une au-dessus des cuves, puis tombent lentement par gravité. Cette table de tri “silencieuse”, unique dans le Médoc, a été conçue par l’équipe technique de la propriété.

Simple, logique et d’une performance inégalée.

Une même philosophie préside à l’élevage pour ne pas altérer les singularités fortes des cépages et des terroirs.

Environ la moitié de la production est élevée en barriques neuves, 10 à 15 % en barriques “d’un vin” et, depuis 2012, 30 à 40 % en Dolia (amphores en béton). Cette orientation est née d’une volonté de produire des vins délestés de tout artifice. L’essence plus que le maquillage. La durée de l’élevage varie de 16 à 18 mois selon la nature des vins.