Après un 2009 d’anthologie, on pouvait espérer que la loi des séries nous offrirait un vin tout aussi grand en 2010.

A Bordeaux, chaque millésime est unique et ne ressemble vraiment à aucun autre. Comme tout enfant, le vin a deux parents : une mère-année et un père-terroir. Il sera un peu des deux mais il devra surtout être lui-même.

Dans cette gestation, notre travail est là pour accompagner la vigne dans l’expression la plus sincère de son terroir selon les conditions climatiques de l’année. Elle doit accomplir son cycle annuel dans l’harmonie. Pour cela, nous utilisons des plantes, des fleurs et des actions douces.

Nous avons pu en percevoir toute l’utilité avec un début de saison qui fut légèrement tardif. Puis, un temps instable pendant la floraison a favorisé la coulure, ce qui a réduit le nombre de fruits, particulièrement sur les vieilles parcelles de Merlot. Enfin, le soleil et la sécheresse ont repris le dessus jusqu’aux vendanges, laissant présager un grand millésime. Notre viticulture épurée de toute action traumatisante permet de protéger naturellement les raisins de l’excès de chaleur afin de préserver le fruit du futur vin dans toute la subtilité et la finesse que permettent les grands terroirs.

L’utilisation des chevaux de trait a connu une évolution significative. Nous sommes passés de 7 à 24 hectares, dédiés à la traction animale sans aucune intervention du tracteur. Ce projet unique et complexe nous a demandé de concevoir et fabriquer du matériel moderne pour réaliser avec les chevaux tous les travaux de l’année.

Dans une ambiance résolument favorable, nous avons débuté les vendanges le 29 septembre avec la récolte du Merlot. Puis le 9 octobre, ce fut le tour du Cabernet-Sauvignon. La fin des vendanges est intervenue le 17 octobre.

Avec la force rassurante de leur pas lors du transport des grappes, nos chevaux ont contribué à renforcer cette ambiance de sérénité qui ne s’est jamais démentie.

Les vinifications, réduites chez nous à l’essentiel, ont rappelé qu’un grand vin se fait avant tout à la vigne. Le travail de chai, même s’il est fait avec sérieux et application, n’est là que pour révéler le potentiel présent dans les raisins.

Ce 2010, fruit de notre démarche de viticulture biologique et biodynamique, bénéficie de cette double certification. Il n’est encore pourtant qu’un jeune enfant et devrait être l’un des tous meilleurs vins produits sur le domaine parmi les plus de trois cents millésimes qui ont porté le nom de Château Pontet-Canet. Mais avant tout, il fait notre fierté et c’est déjà beaucoup!